Le compositeur et critique musical Johann Adolph Scheibe (1708–1776), à l’avant-garde du mouvement des Lumières, prônait dans son livre Der critische Musicus un retour à la simplicité, à l’imitation de la nature et à une mise en avant des mélodies persuasives. Tout cela contrastait avec la musique « grandiloquente » et « surchargée » qui, selon lui, coexistait à l’époque. Peut-être que ces observations reflètent la fin du goût baroque en Allemagne et annoncent l’aube de la musique galante.
Parmi les compositeurs les plus appréciés de Scheibe figuraient Telemann (avec qui il entretenait des relations étroites) et Hasse, entre autres. Cependant, il critiqua sévèrement J.S. Bach pour son style de composition jugé trop lourd. C’est pourquoi nous explorerons cette controverse à travers l’interprétation d’œuvres de certains compositeurs qui y ont peut-être participé : J.S. Bach, Keiser, Veracini, Hasse, Scheibe lui-même, Handel et Telemann.
Le répertoire va des sonates en trio, des sonates pour flûte ou viole de gambe avec basse continue, aux arrangements d’arias d’opéra de Keiser pour notre ensemble de chambre, présentant ces pièces dans une combinaison peu habituelle.
Il appartiendra au public d’aujourd’hui de décider s’il partage les goûts de Scheibe ou s’il a d’autres inclinations.